Eh ! mais qu'est-ce qui m'arrive ? Serais-je devenue folle à lire trop de mangas et à regarder trop de dessins animés japonais ? Non, bien sûr que non, n'en déplaise à tous ces gens bien intentionnés qui prétendent savoir ce qui est bon à voir à la télé et ce qui n'est pas bon. Vous entrez ici dans un domaine nouveau, alors oubliez un instant vos préjugés, qu'ils soient positifs ou négatifs, à l'égard des mangas, et apprenez ce qu'est réellement ce pan incontournable de la culture japonaise.
Qu'est ce que c'est ?
Qu'est ce que c'est ?
Tout d'abord, un peu de vocabulaire. Le mot manga est un mot assez ancien, qui a longtemps désigné un certain type d'images ou d'estampes dont le sujet était considéré comme "frivole" (c'est-à-dire non historique, non légendaire, fait pour amuser). Mais aujourd'hui, ce sens a complètement disparu, et avec lui la connotation négative du manga, et il désigne aujourd'hui la bande dessinée japonaise, à l'exclusion de tout autre sens (tout comme le mot comics désigne la bande dessinée américaine). Le dessin animé, lui, est désigné sous le terme d'anime, ou animêshon (de l'anglais "animation"). Bien que très liés, il convient de toujours bien faire la différence entre ces deux choses, même s'il est vrai qu'un manga à succès est toujours adapté en anime, et que souvent les anime à succès se voient adaptés en manga (ce qui conduit parfois à de bonnes surprises malgré tout). Dans cet article je ne parlerai quasiment que de manga, ne faisant que rarement un détour par l'anime, quand cela en vaudra vraiment la peine.
Pour qui ?
Pour qui ?
La fin des années 70 a vu l'explosion du manga. Le nombre de mangaka a énormément augmenté, et avec lui le nombre de titres sortis par an. Devenu un véritable phénomène de société, le manga n'est plus simplement un moyen de raconter des histoires, mais aussi une méthode d'apprentissage, et on trouve des manga pour apprendre la cuisine, les langues étrangères, mais aussi des manga du type "comment devenir..." et même l'histoire de Bouddha en manga ! Quand au manga "classique", il s'est énormément diversifié, s'est divisé en catégories, ce qui fait que maintenant chaque tranche d'âge, sexe et même catégorie socio-professionnelle possède son type de manga, dont le dessin et le motif narratif sont codifiés de façon à appartenir à la catégorie voulue. Ceci est dû à la vision shintoïste de l'univers dans laquelle chaque chose a sa place, chaque chose fait partie d'une catégorie et il ne faut pas mêler les différentes catégories. Bien entendu, il existe des gens qui font exprès de mêler les catégories et qui ont tout de même du succès, mais il faut reconnaître l'importance de ces divisions tout de même. Ainsi, on a par exemple le shônen manga ou "manga pour jeunes garçons" (adolescents) dans lequel les histoires contiennent souvent beaucoup de sang et où l'on n'hésite pas à dénuder de jeunes filles en fleurs ou plus mûres et où les dialogues sont souvent très longs (avec d'énormes bulles de dialogue) et les planches très souvent chargées de détails. Dans ce type de manga, on trouve des oeuvres comme Dragon Ball, Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque), Dragon Quest (Fly), pour ne citer que les plus connus en France. On oppose souvent ce type de manga au shôjo manga ("manga pour jeunes filles") où le dessin est beaucoup plus épuré, rempli de voiles translucides et de longues capes volant dans le vent, où les personnages sont très longilignes, les yeux gigantesques, les garçons presque androgynes, les histoires très romantiques mais parfois aussi très alambiquées, avec des filles à la fois fortes et fragiles, et surtout des coiffures pas possibles (et des couleurs de cheveux - quand on a la couleur - qui peuvent faire tout le spectre, du rouge au violet en passant par le rose, le vert et le bleu). Parmi les manga de ce type connus en France (surtout par les anime), on trouve Candy, toutes les magical girls à commencer par Minky Momo (Gigi), et l'un des plus connus qui est Sailor Moon. Ce type de manga est quasiment le domaine réservé des filles mangaka (de rares hommes le pratiquent aussi) qui ont commencé à apparaître vers le milieu des années 70 (auparavant, le manga était un domaine réservé aux hommes). Enfin, un autre type de manga est constitué des mangas érotiques et/ou pornographiques. Si j'en parle, c'est uniquement pour préciser que ce type de manga, contrairement à ce que semblent penser les ligues de vertus, est très marginal dans la masse de tous les mangas qui sont publiés chaque année. De plus, beaucoup sont du registre du comique ou de l'horreur, et leur caractère pornographique passe presque inaperçu. Enfin, certain sont vraiment rigolos comme Ogenki Clinic, qui se déroule dans une clinique spécialisée dans le traitement des perversions sexuelles et dans lequel le côté porno disparaît presque au profit du côté comique, pour notre plus grand plaisir.
Dear D, cet article est pour TOI ! <3

